eartrumpet:

The beautiful “Echoes" by the great jazz vocalist/yodelist Leon Thomas.

dirtyhippieproductions:

Word Of The Week 

Komorebi ~ Sunlight that filters through the leaves of trees.

☮  ❤ ॐ 

(via everymess)

miss-catastrofes-naturales:

Pierre Jahan
Herbier surréaliste / Deschampsia caespitosa (1947)

givemypoorheartease:

Pharoah Sanders—“To John”

Love In Us All (Impulse! 1974).

Jack Kérouac: une définition (celle que je préfère) de la littérature

ce qui est, parmi beaucoup d’autres, une définition (celle que je préfère) de la littérature: un récit que l’on fait par amitié, et aussi pour apprendre aux autres quelque chose de religieux, une sorte de respect religieux de la vie réelle, dans ce monde réel que la littérature devrait refléter (ce qu’elle fait ici).
En d’autres termes, après ça, je la bouclerai; les histoires fabriquées, les contes romanesques ou l’on essaie de voir ce qui se passerait SI, c’est bon pour les enfants, pour les adultes demeurés qui ont peur de se lire dans un livre, tout comme ils pourraient avoir peur de se regarder dans la glace quand ils ont une maladie, une blessure, la gueule de bois ou le cerveau fêlé.

Satori à Paris, 1966

kafkasapartment:

Chemin de Fer du Nord (Northern Railway) 1929. Adolphe Mouron Cassandre. Color lithograph

Satori à Paris

Il me semble que le satori a été provoqué par un chauffeur de taxi nommé Raymond Baillet; d’autres fois, je crois que ce pourrait bien être cette peur paranoïaque éprouvée dans le brouillard des rues du Finistère à trois heures du matin; d’autres fois, je me dis que c’est M. Casteljaloux et sa secrétaire, jeune femme d’une éblouissante beauté (une Bretonne aux cheveux bleu-noir, aux yeux verts, aux dents bien séparées sur le devant, tout à fait à leur place au milieu des lèvres savoureuses, avec son pull blanc en laine tricotée, ses bracelets en or, son parfum), ou le garçon de café qui m’a dit:”Paris est pourri”, ou le Requiem de Mozart joué dans la vieille église de Saint-Germain-des-Prés par des violonistes exultants, dont les coudes s’agitaient en cadence, joyeusement, parce qu’un grand nombre de gens distingués étaient venus s’entasser sur les bancs et les chaises apportés spécialement pour la circonstance (et dehors il y a du brouillard); ou alors, au nom du ciel, ça pourrait être quoi? Les arbres des allées rectilignes du jardin des Tuileries? Les oscillations vrombissantes de ce pont qui enjambait la Seine pleine des échos de ce jour de fête, et que j’ai traversé en me cramponnant à mon chapeau, sachant bien que ce n’était pas ce pont (le pont de fortune du quai des Tuileries) mais moi, en personne, qui vacillais, sous l’effet du cognac, de l’énervement, de l’insomnie, de ce voyage de douze heures en jet depuis la Floride, terrassé par l’anxiété, les bars, l’angoisse de l’aéroport .

Jack Kerouac
Jean-Louis Lebris de Kérouac

Satori à Paris

Quelque part, pendant ces dix jours passés à Paris ( et en Bretagne) j’ai reçu une sorte d’illumination qui, semble-t-il, m’a une fois de plus transformé, orienté dans une direction que je vais sans doute suivre, cette fois encore, pendant sept ans ou plus: bref, ç’a été un satori: mot japonais désignant une ‘illumination soudaine”, “un réveil brusque”, ou, tout simplement, un “éblouissement de l’œil.

Incipit
Jack Kerouac
Jean-Louis Lebris de Kérouac